Les pleurs de bébé

Tous les parents se trouvent confrontés aux pleurs de leur tout-petit. En plus de la fatigue, nous pouvons nous sentir désemparés face à ces pleurs, surtout s’ils durent longtemps. La seule chose que nous voulons, c’est que notre bébé aille bien. Et quand il pleure, le stress monte…quelque chose ne va pas.

 

Je voudrais vous partager une lecture que j’ai découverte bien avant la naissance de mon premier fils et mon expérience avec mes 2 enfants.

Il s’agit d’Aletha Solter, psychologue, et de son livre Mon bébé comprend tout.

Elle en a écrit plusieurs, mais celui-ci a retenu mon attention.

 

« Les pleurs ne sont pas la souffrance. En fait, pleurer est le processus qui libère de la souffrance. »

Bébé est rassasié, changé, il a eu son compte de contact physique et de sommeil (selon ce que vous sentez). Il peut y avoir les pleurs dus aux coliques ou aux dents, même si A.Solter dit que ces raisons sont largement exagérées. C’est vous, parents, qui apprenez petit à petit à sentir les différences dans ses pleurs.

 

Il est intéressant de noter qu’il existe d’autres causes aux pleurs :

-Souffrances prénatales et traumatismes de la naissance

-Besoins passés non satisfaits (exemple : être assez touché)

-Surcharge d’informations

-Frustration à se sentir impuissant (exemple : souvent dans l’acquisition d’un nouvel apprentissage)

-Douleur physique

-Et enfin, j’ajoute mon avis personnel : en test kinésiologique, il est possible de communiquer avec bébé pour voir pourquoi il pleure (cf le site d’une amie qui donne des séances et des formations). Pour l’avoir fait quelques fois, il peut être tout à fait surprenant de voir que la cause est très éloignée de ce que l’on pensait au départ (pour le cas personnel de mes fils : « je n’ai pas pu dire au revoir à X. », « je veux que mon papa me dise quand il part et s’il en a pour longtemps », « je suis heureux » !

 

J’observe très souvent des parents faire tout ce qu’ils peuvent pour que le bébé ou l’enfant s’arrête de pleurer. Elle cite notamment : le tapoter, le frotter, le bercer, le faire rebondir doucement, le promener dans ses bras, l’emmener en ballade, le nourrir, lui donner une sucette ou un biberon, l’inciter à arrêter (« là, là »), chanter, le distraire avec un jouet, faire des claquements de bouche, crier, le taper, lui donner des calmants, ou le mettre dans son berceau et quitter la pièce.

 

Aletha Solter exprime que les bébés et les enfants ont besoin de pleurer. Le besoin de pleurer est un besoin à part entière. Et moi, je dirais que chez les adultes aussi, la décharge (par les pleurs ou d’autres moyens tels que trembler, uriner, le sommeil paradoxal...) étant un processus naturel vital.

Quand nous le stoppons, cela a des conséquences négatives sur la santé et le bien-être.

 

Mais attention, ce besoin de pleurer va à l’encontre de laisser l’enfant pleurer seul comme certaines personnes se plaisent à le conseiller. Et cela pour 3 raisons :

-Les enfants ont un grand besoin d’être tenus et touchés

-La présence d’un autre être humain et la communication permettent une libération efficace des tensions

-L’enfant grandirait en enregistrant qu’on ne l’aime que lorsqu’il est content. L’accepter dans tous ses sentiments, c’est contribuer à lui apporter de l’amour inconditionnel.

 

« Le processus de guérison commence au moment où l’on se met à ressentir sa peine et à pleurer ».

 

Alors, il s’agit d’écouter notre bébé pleurer par un contact physique étroit. On ne doit en revanche pas le maintenir dans un esprit de colère, de revanche ou de rancœur.

Accompagner notre bébé dans ses pleurs peut faire remonter à la surface nos propres émotions, il est important de les écouter, de les laisser sortir aussi, pourquoi pas en même temps, mais si elles sont trop intenses, alors vous pouvez passer le relais de l’écoute du bébé à une autre personne de confiance.

 

Dans mon foyer, voilà comment ça se passe :

Pour notre bébé de 3 mois, et dès les quelques jours après sa naissance, nous avons ce temps d’écoute, surtout le soir lorsque les bébés ont une tendance à plus pleurer. C’est le papa qui l’écoute, qui l’a dans ses bras. C’est plus facile de lui faire commencer sa décharge émotionnelle avec celui qui ne peut l’allaiter. Bébé ayant tendance à vouloir téter quand il veut pleurer, cela me met du doute. Pourtant, une fois au sein, il est agité, donc je sens que ce n’est pas la faim qui le comblera. Parfois, il a juste besoin de faire ses besoins, et sinon, ce sont les pleurs qui arrivent.

Certains jours, il ne pleure pas du tout, et d’autres entre 20 min et 2h. Certains bébés pleurent plus.

Vous pourrez également voir le bénéfice dans le sommeil du bébé. Les pleurs de décharge avant de s’endormir évitent un endormissement difficile et trop de réveils nocturnes.

Lors des décharges, les pleurs sont intenses, l’enfant transpire, son crâne est souvent humide, et soudain, généralement après un soupir, il s’arrête. Soit il s’endort, soit il est éveillé et de bonne humeur.

 

C’est également très utile quand ces mêmes bébés grandissent pour accompagner les colères, en plus des pleurs. Quand l’enfant pleure parce que son biscuit est cassé (image employée par Aletha Solter), qu’il a l’assiette bleu au lieu de l’assiette jaune ou toute raison que les personnes qualifieraient de caprice, c’est très souvent parce qu’il a besoin de pleurer. Un temps de décharge efficace évite également à l’enfant de râler et gémir toute la journée.

La connaissance du besoin de décharger (par les pleurs) me permet de renforcer ma patience, ma compréhension, mon empathie. Les enfants en dessous de 7 ans ont des tempêtes émotionnelles intenses. La méthode d’A.Solter permet, entre autres, de les accompagner au mieux. Nous savons aujourd’hui scientifiquement que l’empathie envers nos petits favorise la maturation de leur cerveau cortex (et donc de l’apprentissage, de la bonne relation aux autres).

 

Je vous laisse découvrir le gain d’énergie énorme que vous tirerez de ne pas tenter d’empêcher ce processus naturel et de l’encourager quand c’est le moment.