Quelle mère voulez-vous célébrer aujourd'hui?

Hier soir, je lisais l’article de Catherine Dumonteil-Kremer suite à l’envoi de sa lettre d’informations, sur l’historique de la fête des mères : le sacrifice de la petite fille à s’écouter profondément, et ensuite de la femme et de sa fonction de mère, et pour la remercier de s’être autant dévouée (qu’elle ait été fortement entraînée à), il y a eu la fête des mères ! Celle qui invite aussi fortement les enfants à devoir fêter leur mère. L’amour « planifié » pour remercier la mère de s’être sacrifiée pour eux.

 

Heureusement, nous sommes dans un autre temps et notre pensée a évolué. Cependant,  les habitudes d’éducation et culturelles restent ancrées dans notre cerveau limbique (ou émotionnel) plus longtemps, d’où des relents d’époque qui peuvent rester un peu collés.

Il est donc important d’apprendre à sortir des schémas de sacrifice, aussi subtils soient-ils dans notre quotidien. Je vois le sacrifice comme une partie de nous que l’on oublierait complètement en pensant que ça va maintenir l’autre en vie. Un peu comme si l’on donnait tous les jours notre rein. Une fois pour la survie, c’est ok, mais tous les jours pour la vie, on s’épuise.

 

 

 

 Des exemples ?

 

-> N’être que mère et de ne pas se réaliser professionnellement pour le bien de ses enfants

 

-> Passer son temps au travail, se « saigner » pour sa famille.

 

 

 

Alors, gardons notre énergie vitale pour nous !

 

 

 

Et moi, j’ai eu envie de célébrer toutes les mères qui ont eu un impact dans ma vie.

 

Alors voici :

 

 

 

Evidemment, il y a ma propre mère ! Celle qui a fait ce qu’elle a pu avec moi, qui m’a aimé à sa manière, avec ses ressources du moment et son vécu, celle qui a été forcée de comprendre que ses attitudes passées avaient eu un fort impact négatif sur moi, celle qui aujourd’hui a compris certaines choses de qui je suis, et même si pour certaines, elle ne les comprend pas, elle peut les entendre. Grâce à elle, j’ai vécu les expériences que j’avais à vivre pour mon évolution.

 

 

 

Je voudrais célébrer les femmes et mères du collectif dans lequel j’ai habité pendant 3 ans. C’est ici que j’ai le plus appris.  Elles mettaient en pratique ce que je sentais au fond de moi et ce que j’avais lu, un peu, avant cette expérience de vie.

 

J’ai écouté Nydia parler à sa fille d’1 an avec une voix « normale » et pas en prenant une voix de bébé.

 

J’ai eu de nombreuses conversations avec Isabel sur comment faire au plus juste dans le vrai respect de l’enfant, sans jugement sur ses attitudes, sans commentaire aussi.

 

J’ai vu Claire marie, qui accueillait son fils en train de décharger émotionnellement, et je me disais « ô non, moi, ça ne se passera pas comme ça ». Et puis j’ai vu quelques années plus tard que ça se passait presque pareil…

 

J’ai observé Dalphée être avec ses enfants et les enfants des autres, dans l’accueil, un profond respect et la joie d’être avec eux.

 

J’ai été accompagnée par Garance, qui m’a aidé à prendre confiance en moi pour enfanter, naturellement.

 

Et d’autres, gravitant autour de ce collectif : Marie et l’écoute de ses filles ! Cilia, avec qui nous cheminons et dialoguons encore avec nos 2 garçons d’un âge rapproché, dans nos difficultés respectives, nos ajustements, nos joies aussi.

 

 

 

J’ai observé des personnes qui prenaient plaisir à être avec des enfants, et pas juste saoulées tout le temps ou bien avec une façade d’éducateur à temps plein.

 

 

 

A vous toutes, MERCI !

 

 

 

Puis je suis devenue mère. Vous m’avez toutes montré un chemin, le vôtre, et j’ai cheminé, j’ai vu que c’était possible. Je vous ai parfois choqué par mes comportements automatiques ou qui n’allaient pas dans le sens de vos valeurs, je me suis trompée, j’ai appris à me faire confiance en tant que femme et mère et j’ai écouté mon cœur et pris mon propre chemin.

 

Et je me suis trouvée.

 

Voilà pourquoi mon orientation professionnelle a pris tant de temps, je devais devenir mère et soigner toutes mes blessures de fille pour savoir que j’allais travailler avec des parents !

 

Aujourd’hui, je ne suis pas une mère parfaite, et heureusement, sinon, je ne laisserais pas la place à mes enfants de me dépasser.

 

Je continue à apprendre, à travailler ma patience, ma douceur, mon respect, mettre de la conscience sur ce que me renvoient mes fils et agir en conséquence.

 

Alors aujourd’hui, je décide que ce soit ma fête, non pas celle du sacrifice, mais celle du bonheur que d’être mère et de vivre une relation privilégiée avec mes enfants, pleine d’amour. Je célèbre Paolino, mon aîné, de m’avoir faite mère et donc d’avoir ouvert la voie. Je célèbre sa joie de vivre, sa connexion à lui, son caractère vif. Je célèbre Soham, encore un bébé, mais qui comprend déjà tellement !! A travers son comportement calme, il me renvoie à mes avancées, je célèbre la fin de mes stress de survie !

 

 

 

Je célèbre toutes les mères, qui se sont embarquées dans cette aventure et qui découvrent dans quelle galère (parfois) et quelle joie elles se trouvent !

 

Et je célèbre toutes les femmes qui ne sont pas mères, par choix, ou parce qu’elles l’ont subi, ou celles qui l’ont été trop fugacement. Car dans chaque femme, il y a une part de la mère qu’elles font vivre, que ce soit par la transmission à une autre personne, par une œuvre, par le soin qu’elle offre aux autres ou à la Terre, notre Mère.

 

 

 

Et vous, quelle mère voulez-vous célébrer aujourd’hui ?